Nourrir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

X e siècle, nodrir. Issu du latin nutrire, de même sens.

I. Pourvoir à la subsistance d'un être.
1. Donner à un être les aliments qui lui sont nécessaires. Un enfant nourri au sein, au biberon. Ne pas être suffisamment nourri, ne pas manger à sa faim . Une jeune fille au pair, logée et nourrie, recevant notamment le vivre et le couvert pour prix de ses services. Les oiseaux nourrissent leurs petits de vers, de larves. Nourrir une plante avec de l'engrais. Pron. Se de, prendre pour aliment. Se de pain, de viande, de légumes. Cet anachorète se nourrissait de racines sauvages. Les oiseaux de proie se nourrissent de chair. Absolt. Cette personne se nourrit bien, se nourrit mal, d'une manière qui favorise ou compromet sa santé, son équilibre. Spécialt. Allaiter un enfant nouveau-né. Elle n'a pas pu sa fille. Elle a nourri son enfant jusqu'à l'âge de six mois. Absolt. Cette femme nourrit, ne nourrit plus. Par ext. En parlant d'un aliment. Sustenter, fournir à l'organisme ce qui est propre à assurer son entretien, sa croissance. Ces substances sont propres, impropres à l'homme, à les animaux. Par anal. La bonne terre nourrit les plantes. Absolt. Le pain nourrit beaucoup. Certaines viandes nourrissent trop richement.
2. Pourvoir à l'entretien, aux besoins de quelqu'un. Je l'ai vêtu et nourri pendant dix ans. Avoir une famille à . Il gagne tout juste de quoi ses enfants. Expr. fig. Nourrir un serpent dans son sein (on dit aussi réchauffer ), élever, protéger quelqu'un qui se révèle être un ingrat ou un ennemi. Par ext. Se dit d'une terre, d'un pays, d'un métier qui assure à quelqu'un sa subsistance, qui lui procure de quoi vivre. Cette terre suffit à le , lui et toute sa famille. La Sicile nourrissait Rome, fournissait des vivres aux Romains. Cette activité nourrit ou ne nourrit pas son homme, elle est ou n'est pas suffisamment lucrative.
3. Vieilli. Produire, porter. Cette terre a nourri de grands navigateurs.

II. Fig.
1. Entretenir quelque chose, en lui fournissant les moyens de durer. On nourrit le bois avec de la cire, le cuir avec de la graisse, du cirage. Nourrir le feu, l'alimenter en bois, en charbon. Les services mutuels nourrissent l'amitié.
2. Favoriser ou laisser se développer un sentiment, une idée, etc. Nourrir les ambitions, les espoirs de quelqu'un. Nourrir dans son âme de la haine, de la tendresse pour une personne. Nourrir une passion malheureuse. Il nourrissait le projet, le dessein de s'évader. Nourrir une chimère.
3. Enrichir, donner de la force à. L'étude, la conversation des hommes éclairés nourrissent l'esprit. Nourrir son imagination par des lectures. Nourrir son style, en accroître la vigueur, l'expressivité.
4. Nourrir quelqu'un de, dans, à, instruire, élever quelqu'un, en lui inculquant une certaine façon d'être, de penser. Ce jeune homme a été nourri dans la haine du vice, dans le culte de l'honneur. Il a été nourri aux lettres latines. Un esprit nourri de science. Pron. Il s'est nourri des bons auteurs, il s'est formé en les lisant.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Sustenter, servir d'aliment. "Les aliments propres à l'homme. Cette fertile région produit tout ce qui est nécessaire pour hommes et animaux."
Absolument, "Le pain nourrit beaucoup. Certaines viandes nourrissent trop."
"Cet enfant, cet animal se nourrit bien, se nourrit mal," Les aliments lui profitent bien, ne lui profitent pas.
Par analogie, "Cet arbre n'a pas de quoi se ," Il est planté dans une mauvaise terre où il ne trouve pas un suc convenable et suffisant.
Fig., "Ce blé, ce grain est bien nourri," Il est bien plein, bien rempli.
Fig., "Un style nourri," Un style riche, plein, abondant. "Un ouvrage nourri de pensées, de réflexions," Un ouvrage où les pensées justes, les réflexions judicieuses abondent. On dit aussi "Un écrivain nourri des bons auteurs," Un écrivain qui fait preuve d'une grande connaissance des bons auteurs.
En termes de Peinture, "Une couleur nourrie," Une couleur bien empâtée. "Un trait nourri," Un trait qui n'est pas trop fin.
En termes de Calligraphie, "Cette lettre est bien nourrie," Les traits qui la forment ont beaucoup de corps. "Elle n'est pas bien nourrie," Elle est plus déliée qu'il ne faut.
En termes de Musique, "Nourrir les sons," Faire qu'ils soient pleins et les soutenir pendant leur durée.
En langage militaire, "Feu nourri, fusillade nourrie," Fusillade violente.
NOURRIR signifie aussi Élever un nouveau- né on l'allaitant. "Elle a nourri ses trois enfants." Absolument, "Cette femme nourrit."
Il signifie encore Entretenir d'aliments. "Je l'ai vêtu et nourri pendant dix ans. Les enfants sont obligés de leur père et leur mère dans le besoin. Je lui donne tant par an pour me loger et pour me . On est bien nourri, on est mal nourri dans cette pension, dans cet hôtel. Être logé et nourri. Les oiseaux de proie se nourrissent de chair. L'homme se nourrit de pain, de viande, de légumes, etc. Cet anachorète ne se nourrit que de racines sauvages."
Fig., "N'être pas nourri," N'être pas suffisamment nourri, être mal nourri. "Les enfants ne sont pas nourris dans cette pension, dans ce collège. Les domestiques ne sont pas nourris dans cette maison."
Par plaisanterie, "Cet homme est bien nourri," Il a beaucoup d'embonpoint.
NOURRIR signifie au figuré Instruire, élever. "Ce jeune homme a été nourri dans l'amour de la vertu, dans la haine du vice. Il a été nourri aux lettres latines."
Fig., "Il nourrit un serpent dans son sein," Il élève, il protège, il assiste un ingrat, un méchant qui le perdra, qui le ruinera quelque jour.
NOURRIR se dit aussi d'un Pays qui ordinairement en fournit un autre de vivres, d'une terre, d'un domaine qui donne au propriétaire de quoi le faire subsister, d'une profession qui procure de quoi vivre à celui qui l'exerce. "La Sicile nourrissait Rome. Cette terre le nourrit, lui et toute sa famille. Ce métier ne nourrit pas son homme."
Il signifie quelquefois Produire, porter, renfermer. "L'Afrique nourrit beaucoup d'animaux féroces. Cette terre nourrit une race d'hommes forts et courageux. Cette mer nourrit des poissons voraces et destructeurs." En ce sens, il vieillit.
NOURRIR signifie, au figuré, Donner un aliment. "Nourrir son imagination de chimères. Se de la parole de Dieu. Il se nourrit d'idées tristes."
Il signifie aussi, figurément, Entretenir, faire subsister, faire durer. "Nourrir l'espoir, le mécontentement, l'orgueil de quelqu'un. Nourrir dans son âme une passion malheureuse, un amour sans espérance, des souvenirs pleins de charmes. Nourrir en soi une illusion."
"Nourrir un numéro à la loterie", Mettre sur le même numéro à chaque tirage, en augmentant toujours la mise.
NOURRIR se dit également de Certaines choses qui en entretiennent d'autres, qui les font profiter. "La bonne terre nourrit les plantes, les arbres. Mettre du fumier au pied d'un arbre pour le . Le bois nourrit le feu".
Fig., "Nourrir un dossier. Les services mutuels nourrissent l'amitié. L'étude, la lecture, la conversation des hommes éclairés nourrit l'esprit."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Allaiter un enfant (ce qui est le premier sens de nutrire en latin).
MOL.: « Et qui [une fille] sous de feints noms, pour ne rien découvrir, Par son époux aux champs fut donnée à »
VOLT.: « Au sein qui m'a nourri cette main s'est plongée »
VOLT.: « Le fils que j'ai nourri périrait à son tour »
J. J. ROUSS.: « Jeune femme, voulez-vous travailler à vous rendre heureuse, commencez d'abord par votre enfant »
    Cette femme ne saurait d'enfants, c'est-à-dire elle a le malheur de perdre tous ses enfants dès le bas âge.
    Absolument. Cette femme nourrit.

 2   Entretenir la vie par ce qui en répare les déperditions, alimenter. Les aliments les plus propres à l'homme. Les fruits de la terre nourrissent l'homme et les animaux.
BOILEAU: « Trois lapins.... qui.... Sentaient encor le chou dont ils furent nourris »
    N'être pas nourri, n'avoir pas des aliments en qualité ou quantité suffisante.
    Absolument. Il y a des aliments qui nourrissent trop. Le vin nourrit.

 3   Entretenir d'aliments, fournir des aliments. Il ne nourrit pas ses domestiques, il leur donne leurs vivres en argent. On est bien nourri, on est mal nourri dans cette pension. Il nourrit tant de chiens, de chevaux.
BOSSUET: « Que Sibâ le [David] nourrissait »
RAC.: « Tous les jours je l'invoque [le Seigneur] ; et d'un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel »
RAC.: « Les chevaux que sa main a nourris »
RAC.: « On l'abandonne aux mains qui daignent le »
MONTESQ.: « La loi naturelle ordonne aux pères de leurs enfants, mais elle n'oblige pas de les faire héritiers »
ÉTIENNE: « Il a poussé si loin l'ardeur philanthropique, Qu'il nourrit tous ses gens de soupe économique »

 4   Par extension, élever, mener au terme de la croissance.
CORN.: « Attale qu'en otage ont nourri les Romains »
CORN.: « Rome, qui m'a nourri, vous parlera pour moi »
BOSSUET: « Dieu lui nourrissait un vengeur »
FLÉCH.: « Il fut nourri par les ministres mêmes de l'erreur [le protestantisme] »
FÉN.: « Ô cher enfant que j'ai nourri, et qui m'as coûté tant de soins, je ne te verrai plus ; mais je verrai ta mère qui mourra de tristesse en me reprochant ta mort »
    Nourrir à, élever dans.
DESC.: « J'ai été nourri aux lettres dès mon enfance »
    Nourrir dans, donner, par l'éducation, certaines habitudes, certaines idées, etc.
BOSSUET: « Les pères nourrissaient leurs enfants dans cet espoir »
FÉN.: « Idoménée a été nourri dans des idées de faste »
FÉN.: « Il avait été nourri dans la mollesse »
BRIFFAUT: « Il est vrai, ma cruelle prudence, Dans une erreur coupable a nourri son enfance »
    Fig. Il nourrit un serpent dans son sein, il protége, il assiste un ingrat, un méchant qui le perdra.
    Dans un sens analogue.
VOLT.: « Votre soin téméraire Nourrit un ennemi dont il faut se défaire »

 5   Élever des bestiaux, en trafiquer. Nourrir des moutons, des boeufs, des chevaux.
    Nourrir des vers à soie, les élever jusqu'à ce qu'ils soient en cocons et en soie.

 6   Il se dit de ce qui donne, fournit de quoi vivre. La Sicile nourrissait Rome. Ces provinces nourrissaient la capitale. Cette terre le nourrit, lui et toute sa famille. Je veux un métier qui me nourrisse.
      GILB., Le 18ème siècle: Entends ce jeune abbé, sophiste bel esprit : Monsieur fait le procès au Dieu qui le nourrit

 7   Produire, porter. Ce pays nourrit une nombreuse population.
CORN.: « Et tout ce que l'Espagne a nourri de vaillants »
LA FONT.: « Son menton nourrissait une barbe touffue ; Toute sa personne velue Représentait un ours, mais un ours mal léché »

 8   Fig. Il se dit des aliments intellectuels et moraux.
MOL.: « ....Notre plus grand soin, notre première instance Doit être à le [l'esprit] du suc de la science »
SÉV.: « Quand je veux mon esprit et ma pauvre âme »
SÉV.: « Vous dites que l'espérance est si jolie ; hélas ! il faut qu'elle le soit encore au delà de ce que vous dites, pour plus de la moitié du monde comme elle fait »
SÉV.: « Vous m'occupez toute la semaine ; le lundi au matin je les reçois [vos lettres], je les lis.... le jeudi j'attends le vendredi matin ; en voilà encore : cela me nourrit de la même sorte jusqu'au dimanche »
BOSSUET: « Le troupeau que je dois de la parole de vie »
BOILEAU: « Aimez-donc la vertu, nourissez-en votre âme »
    En un sens défavorable. Nourrir son imagination de chimères.

 9   Entretenir, faire profiter. La bonne terre nourrit les plantes, les arbres. Mettre du fumier auprès d'un arbre pour le . La pommade nourrit les cheveux.
SÉV.: « Je vous souhaite souvent à l'air de ces bois [aux Rochers], qui nourrit le teint comme à Livry »
BOSSUET: « Assur, dit le saint prophète, s'est élevé comme un grand arbre ; le ciel l'a nourri de sa rosée, la terre l'a engraissé de sa substance »

 10   Particulièrement, entretenir, faire durer, en parlant de choses matérielles qui consument ou se consument.
VAUGEL.: « Ils lancent des torches ardentes et telles autres choses propres à le feu »
CONDIL.: « Il est probable que des comètes tombent dans le soleil ; les newtoniens conjecturent même que cela arrive, et ils le croient nécessaire pour cet astre, qui s'épuiserait insensiblement, puisqu'en répandant la lumière il perd continuellement de sa substance »
    Nourrir le feu, entretenir une canonnade, une fusillade non interrompue.
VOLT.: « [À Fontenoy] la masse anglaise, faisant face de tout côté.... nourrissait ce feu continu quand elle était attaquée »

 11   Fig. Faire durer en soi des sentiments, des passions, etc.
CORN.: « Et [son esprit] nourrissait ainsi d'éternelles douleurs »
CORN.: « Et l'accueil gracieux qu'il recevait de vous Lui permet de un espoir assez doux »
SACI: « Souvenez-vous de votre dernière fin, et cessez de de l'inimitié contre personne »
BOURD.: « Tu nourrissais dans ton coeur une secrète estime de toi-même »
FLÉCH.: « Cette vive et constante tendresse qu'elle nourrissait pour lui [le roi] dans son coeur »
RAC.: « Pourquoi nourrissez-vous le venin qui vous tue ? »
RAC.: « Qui, dans l'obscurité nourrissant sa douleur,... »
RAC.: « Je nourrissais encore un malheureux amour »
RAC.: « Vous nourrissez un feu qu'il vous faudrait éteindre »
FÉN.: « La haine qu'il avait nourrie dans son coeur contre Ulysse »
MASS.: « Nourrir des envies, des animosités »
MASS.: « Des passions que vous nourrissez dès l'enfance »
VOLT.: « J'ai nourri mes chagrins sans les manifester »
ST-LAMB.: « Je nourris dans mon coeur le mépris des richesses »
    Il se dit des personnes ou des choses qui entretiennent, font durer un sentiment, une chose morale en quelqu'un.
RÉGNIER: « Toujours pour mon souci S'offrira-t-il à ma pensée ? »
MOL.: « Son humeur satirique est sans cesse nourrie Par le coupable encens de votre flatterie »
SÉV.: « C'est [Issy] un lieu où je vous ai vue ; cela nourrissait fort la tendresse »
SÉV.: « Perte de temps et lettres inutiles, qui ne sont bonnes qu'à la lenteur et la nonchalance de mes yeux »
SÉV.: « Je connais les manières des provinces, et je sais le plaisir qu'on y prend à les divisions »
TH. CORN.: « Ma douceur a nourri son criminel espoir »
BOSSUET: « Il [Jurieu] n'oublie rien pour en eux [les protestants réfugiés] ces sentiments qui les poussent à la révolte »
RAC.: « Puisse le juste ciel dignement te payer, Et puisse ton supplice à jamais effrayer Tous ceux qui, comme toi, par de lâches adresses, Des princes malheureux nourrissent les faiblesses ! »
RAC.: « C'est ma mère, et je veux ignorer ses caprices ; Mais je ne prétends plus ignorer et souffrir Le ministre insolent qui les ose »
FAVART: « Ces lits où la mollesse S'unit avec les maux, Nourrissent la paresse, Sans donner le repos »
VOLT.: « Ses périls nourrissaient ma tendresse inquiète »
VOLT.: « Et qu'elle serait assez heureuse pour se guérir d'un amour que rien ne ait plus »
VOLT.: « Ici votre indulgence et le nom de son père Nourrissent son orgueil au sein de la misère »
CONDILLAC: « Mme de Maintenon, qui blâmait Louis XIV, le laissait faire et l'a même excité plus d'une fois à être sévère ; elle nourrissait donc en lui des défauts qu'elle condamnait »
DIDEROT: « Sa passion préparerait votre malheur et le sien, si vous la nourrissiez »

 12   Nourrir une action, fournir un supplément de finance au capital d'une action.
RAYNAL: « Soit honneur, soit raison, soit impuissance, un grand nombre de personnes ne nourrissaient pas leurs actions, qui perdaient alors les trois quarts de leur prix originaire »
    Nourrir un numéro à la loterie, mettre sur le même numéro à chaque tirage, en augmentant toujours la mise.

 13   Terme de peinture. Nourrir un tableau de couleurs, mettre les couleurs assez abondamment pour qu'on puisse les mêler aisément et les empâter.
    Nourrir le trait, éviter la maigreur, la sécheresse.
    Terme de calligraphie. Nourrir ses lettres, faire que les traits soient suffisamment chargés d'encre, pour qu'ils ne soient pas trop maigres.
    En termes de musique, les sons, faire qu'ils soient pleins et retentissants, et les soutenir exactement pendant leur durée.

 14   Nourrir le style, le fortifier soit par des expressions abondantes, soit par des citations, etc.

 15   Nourrir ses grades, en matière bénéficiale, c'était renouveler l'insinuation dans le temps prescrit pendant le carême (voy. INSINUATION, n° 2).

 16   Se , v. réfl. Prendre pour aliment. Se de pain.
BOSSUET: « Maintenant, pour nous , il faut répandre du sang malgré l'horreur qu'il nous cause naturellement »
LA BRUY.: « C'est un personnage illustre dans son genre, et qui a porté le talent de se bien jusques où il pouvait aller ; on ne reverra plus un homme qui mange tant et qui mange si bien »
BUFF.: « Les hommes qui ne se nourrissent que de chair crue ou de poisson sec, de sagou ou de riz, vivent aussi longtemps que ceux qui se nourrissent de pain ou de mets préparés »
    Cet enfant, cet animal se nourrit bien, se nourrit mal, les aliments lui profitent bien, ne lui profitent pas.
    Cet arbre n'a pas de quoi se , il est planté dans une mauvaise terre.

 17   Fig. Il se dit des aliments intellectuels et moraux.
SÉV.: « Votre frère est tout à fait tourné du côté de la dévotion.... il viendra un jour [la mort] où l'on sera bien heureux de s'être nourri dans ces sortes de pensées chrétiennes »
BOSSUET: « Il fait un carême éternel ; et, durant ce carême, il semble qu'il ne se nourrisse que d'oraisons et de jeûnes »
RAC.: « Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée »
FÉN.: « Il apprit à se de la vérité »
J. J. ROUSS.: « Cet édifice et le terrain qui l'entoure appartenait jadis au célèbre Lebrun, qui se plut à le bâtir et le décorer avec ce goût exquis d'ornement et d'architecture dont le grand peintre s'était nourri »

 18   Terme de marine. Se , se dit de l'état du ciel qui annonce quelque tempête. Le ciel commence à se .

PROVERBES
    Il n'y a point de petit métier, il n'y a si petit métier qui ne nourrisse son maître, c'est-à-dire le travail, quelque peu lucratif qu'il soit, donne de quoi vivre.
    Une besace bien promenée nourrit son maître.

SYNONYME
    NOURRIR, ALIMENTER. Nourrir, c'est proprement fournir l'aliment à l'enfant, au petit qui vient de naître. Alimenter est plus général ; il se dit de toute espèce de choses qui entretiennent la vie. Mais, quand passe à son sens plus général, il devient alors tout à fait synonyme d'alimenter ; seulement, alimenter en ce sens a toujours quelque chose de technique.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CCXLV: Li mien baron, nurrit [je] vous ai long temps
    XIIème siècle
     Sax. XXVI: Pese moi [je suis fâché] quant [je] fui onques en son ostel norris, Puisqu'estre me convient [il me faut] ses mortex enemis [son ennemi mortel]
     Ronc. p. 9: Qui molt fu ses norriz [de ses familiers]
    XIIIème siècle
QUESNES: « Car je ne fu pas norriz à Pontoise »
     Nouv. rec. de fabl. et contes anc. t. II, p. 452: Ai-ge paour que Diex me faille, Qui norrist les oiseaux aux chans ?
     Berte, II: Leans out un lion nourri d'ancesserie [depuis longtemps]
     ib. LXXII: Jà fu Berte ma fille en si bon lieu nourrie [élevée en si bonne famille]
     ib. CIX: [Symon et Constance] Qui l'ont [Berte] avec leur fille mout doucement nourrie
     ib. v: Car li rois de Hongrie fu en France nourris
    XVème siècle
FROISS.: « Or vous vueil je recorder par quel moyen la paix y a esté mise et nourrie »
FROISS.: « Ces haines couvertes estoient de longtemps nourries entre celles deux parties »
CH. D'ORL.: « Adonc amour et ses nourris [élèves] Auront de Dangier moins doubtance »
AL. CHARTIER: « Mais passent temps en esbas et en ris, Et s'en tournent gras, gros et bien nourris »
COMM.: « Dissimuler toutes ces desobeissances, affin de ne guerres à ses subjectz »
COMM.: « Le mariage du roy qui est aujourd'huy avec la fille aisnée du roy Edouard.... et la duché de Guyenne pour le »
LEROUX DE LINCY: « Il fait mal autruy enfant ; Car il s'en va quand il est grand »
    XVIème siècle
CALV.: « Les malfaiteurs jadis avoyent de coustume de se vestir de noir, leurs barbes, et user d'autres signes de dueil pour fleschir leurs juges à misericorde »
CALV.: « ... De ne leurs cheveux, mais de les raser en rond »
AMYOT: « Il fut nourri à Thebes en la maison de Pammenes »
AMYOT: « Sylla se partit du païs de l'Attique, qui estoit maigre, et qui en pleine paix ne l'eust sceu »
ID.: « Il apparut un esprit à sa nourrice, lequel luy predit qu'elle nourrissoit un enfant qui seroit un jour cause d'un grand bien à tous les Romains »
RAB.: « Gargantua, depuis les troys jusques à cinq ans, feut nourry et institué en toute discipline convenante »
MONT.: « Nos souhaits interieurs pour la pluspart naissent et se nourrissent aux despens d'aultruy »
MONT.: « S'il estoit adonné d'une application trop indiscrete à l'estude des livres, je ne vouldrois qu'on la luy nourrist »
MONT.: « Je nourrissois des imaginations hardies »
MONT.: « Je veulz seulement faire luicter ensemble les traicts de cinq poëtes latins.... or debvra l'enfant bien nourry [instruit] trouver, au prix des aultres, les deux premiers traisnants »
PARÉ: « Un grain d'orge bien nourri »
PARÉ: « La litharge doit estre nourrie avec deux onces d'huile »
LEROUX DE LINCY: « Il a été nourri en un tonneau, il n'a rien vu que par le bondon »
COTGRAVE: « Celui-là est bon pere qui nourrit »
COTGRAVE: « Qui veut avoir bon chien, il faut qu'il le nourrisse »
COTGRAVE: « Tel le chien nourrit, qui puis mange la courroie de son soulier »
BRANT.: « M. Cossains estoit vieux soldat et capitaine, gentilhomme nourry en Piedmont de M. de la Mothe Gondrin »
BRANT.: « Le capitaine Bequin, aussi sage et bon capitaine, qui fut blessé et mourut à la Rochelle, nourry laquais de M. de Nemours »
D'AUB.: « Nourri aux pieds de mon roi, desquels je faisois mon chevet en toutes les saisons de ses travaux »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. norri ; picard, norir ; wallon, noûri ; Hainaut, norir ; provenc. nurir, noirir ; cat. nudrir ; esp. nutrix ; ital. nutrire ; du lat. nutrire, . Selon la conjecture de Corssen (Nachtraege, p. 293), nutrire est le verbe dénominatif de nulrix, comme pistrire de pistor ; il explique nutrix par chute de l's initiale, comme étant snutrix, du radical sanscrit snu, couler, goutter : celle qui fait couler [le lait], la nourrice. Snu a déjà perdu son s dans le terme grec qui signifie nare, etc.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Sustenter, servir d'aliment. "Les aliments les plus propres à l'homme. Dieu a créé les fruits de la terre pour l'homme et les animaux."
Il s'emploie souvent absolument. "Il y a des aliments qui nourrissent trop. Le pain nourrit beaucoup. Les fruits, les légumes ne nourrissent pas autant que la viande. Certaines viandes nourrissent plus que d'autres. Cela est fort succulent et nourrit beaucoup. Le vin nourrit."
Il se dit quelquefois figurément, au sens moral. "Nourrir son imagination de chimères. Nourrir son esprit des plus saines maximes."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi D'une femme qui donne à téter à un enfant. "C'est elle qui l'a nourri. Elle lui a nourri trois enfants. Une mère qui nourrit son enfant, est doublement sa mère. Elle a nourri entièrement cet enfant. Elle ne l'a nourri qu'à moitié. La nourrice qui a achevé de le ."
"Cette femme ne saurait d'enfants," Elle a le malheur de perdre tous ses enfants, dès leur bas âge.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Entretenir d'aliments. "Je l'ai vêtu et nourri pendant dix ans. Les enfants sont obligés de leur père et leur mère dans le besoin. Il nourrit tant de valets. Il ne nourrit pas ses domestiques, il leur donne leurs vivres en argent. Je lui donne tant par an pour me loger et pour me . On est bien nourri, on est mal nourri dans cette pension, dans cette auberge. Si les guerriers défendent la patrie, les laboureurs la nourrissent. Il nourrit tant de chiens, tant de chevaux. Si on veut que des chevaux travaillent bien, il faut les bien . Nourrir des bestiaux, des poulets, des pigeons, des vers à soie."
Fig., "N'être pas nourri," N'être pas suffisamment nourri, être mal nourri. "Les enfants ne sont pas nourris dans cette pension, dans ce collége. Les domestiques ne sont pas nourris dans cette maison."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Instruire, élever. "Il faut avoir soin de les enfants dans les sentiments de piété et d'honneur. Il a été nourri dans l'amour de la vertu, dans la haine du vice, dans la mollesse, dans les délices, dans les fatigues de la guerre, etc."
Prov. et fig., "Il nourrit un serpent dans son sein," Il élève, il protége, il assiste un ingrat, un méchant qui le perdra, qui le ruinera quelque jour.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi D'un pays qui ordinairement en fournit un autre de vivres; d'une terre, d'un héritage qui donne au propriétaire de quoi le faire subsister; d'une profession qui procure de quoi vivre à celui qui l'exerce. "La Sicile nourrissait Rome. Ces provinces nourrissent la capitale. Cette terre le nourrit, lui et toute sa famille. Le métier qu'il fait ne suffit pas pour le . Je veux un métier qui me nourrisse, moi et mes enfants."
Prov., "Il n'y a si petit métier qui ne nourrisse son maître," On peut, en travaillant, gagner de quoi vivre, quelque peu lucrative que soit l'industrie qu'on exerce.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Produire, porter, renfermer. "L'Afrique nourrit beaucoup d'animaux féroces. Cette terre nourrit une race d'hommes forts et courageux. Cette mer nourrit des poissons voraces et destructeurs."



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi figurément, Entretenir, faire subsister, faire durer. "Nourrir l'espoir, le mécontentement, l'orgueil de quelqu'un. Nourrir la discorde, les troubles. Nourrir la haine, la défiance dans son coeur, dans le coeur de quelqu'un. Nourrir dans son âme une passion malheureuse, un amour sans espérance, des souvenirs pleins de charmes."
"Nourrir une action," Fournir un supplément de finance au capital d'une action.
"Nourrir un numéro à la loterie," Mettre sur le même numéro à chaque tirage, en augmentant toujours la mise.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également De certaines choses qui en entretiennent d'autres, qui les font profiter. "La bonne terre nourrit les plantes, les arbres. Mettre du fumier au pied d'un arbre pour le . Le bois nourrit le feu. La pommade nourrit les cheveux. On a amené plusieurs ruisseaux pour ce canal. Cette année les melons ont été trop nourris d'eau."
Il se dit de même au sens moral. "L'espérance nourrit l'amour. Les services mutuels nourrissent l'amitié. L'étude, la lecture, la conversation des hommes éclairés nourrit l'esprit."
En Peinture, "Nourrir un tableau de couleurs," Mettre les couleurs avec une certaine abondance qui donne le moyen de les mêler aisément, de les empâter. "Nourrir le trait," Éviter la maigreur et la sécheresse.
En Musique, "Nourrir les sons," Faire qu'ils soient pleins et retentissants, et les soutenir exactement pendant leur durée.



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie avec le pronom personnel dans plusieurs de ses acceptions, tant propres que figurées. "L'homme se nourrit de pain, de viandes, de légumes, etc. Cet anachorète ne se nourrissait que de racines sauvages. Les oiseaux de proie se nourrissent de chair. Cet homme se nourrit bien." Au sens moral: "Se de la lecture des bons livres. Se de saines doctrines. Se de la parole de Dieu. Se d'idées tristes."
"Cet enfant, cet animal se nourrit bien, se nourrit mal," Les aliments lui profitent bien, ne lui profitent pas.
"Cet arbre n'a pas de quoi se ," Il est planté dans une mauvaise terre, où il ne trouve pas un suc convenable et suffisant.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


NOURRISSANT, ANTE, adj. NOURRITûRE, s. f. ["Nour-ri", "r" forte, "ri-san", "sante", "nou-ritûre": 3e. lon. aux trois dern.] "Nourrir", 1°. en parlant des chôses, servir d'aliment. 'Quels sont les alimens les plus propres à " l'"homme? = "V. n." 'Le pain "nourrit" beaucoup. 'Il y a des alimens qui "nourrissent" trop.
- 2°. En parlant des plantes, leur fournir des sucs pour la végétation. 'La bone terre "nourrit les" plante.
- 3°. "Se ", prendre de la nourritûre. Il régit la prép. "de": 'L'homme "se nourrit de" pain, "de" viandes, "de" fruits, "de" légumes; ou il s'emploie sans régime: 'Cet homme "se nourrit" bien; cet arbre n'a pas de quoi "se ".
- 4°. Entretenir d'alimens. 'Les enfans sont obligés de "nourrir" leurs pères et leurs mères dans le besoin.
- 5°. En parlant des femmes, doner à teter à un enfant. 'Elle "a nourri" tous "ses" enfans.
- 6°. "Figurément", élever, instruire. Il ne se dit pas seul et sans régime. 'Il faut avoir soin de "nourrir" les enfans "dans" des sentimens de piété et d'honeur. = On disait aûtrefois, il a été "bien nourri", "mal nourri", pour, bien ou mal élevé.
- 6°. En parlant des chôses, former, façoner l'esprit: 'Les bones lectûres "nourrissent" l'esprit. '"Se de" la parole de Dieu; "de" la lectûre des bons livres.
   NOURRI, IE, adj. Homme "bien nourri", grôs et grâs.
- Blé, grain "bien nourri", bien rempli.
- Style "nourri", plein, riche, abondant. = Lettre "bien nourrie", dont les traits sont bien formés; "qui n'est pas bien nourrie", qui est plus déliée qu'il ne faut.
   "Rem." "Nourrir" s'emploie élégamment au figuré. 'Il (d'Aguesseau) cherche par tout de quoi "nourrir" ce feu inconu (du génie) qui le dévore. "Thomas". 'Il "nourrit ce" peuple farouche "dans" l'esprit de tout entreprendre par la force. "Boss." = "Être nourri", au figuré, mène souvent à sa suite la prép. "dans": 'Il "a été nourri dans" la chicane.
- Les Poètes substituent, quand cela les acomode, la prép. "à".
   Moi, "nourri" dans la guerre "aux" horreurs du carnage.
       "Athalie".
= "Se " s'emploie aussi au figuré: 'Ils ne "se nourrissent" que "d'"idées tristes. "Volt." 'On ne s'étonne pas que "s'étant nourri de" Romans dans son enfance, il ait soutenu dans l'âge mûr tant de paradoxes et de systêmes romanesques. "Ann. Litt."
- Il se dit au propre aussi avec la prép. "de": 'Il ne "se nourrissoit" que "d' "herbes et "de" racines. Mais il ne se dit point sans régime. 'La belle Niobé, dans une situation pareille à la vôtre, consentit enfin à "se ". Mde. "Dacier", Iliade. Il falait, à mon avis, "consentit à prendre de la nourritûre".
   NOURRISSANT, qui nourrit beaucoup, qui sustente. 'Cela n'est pas assez "nourrissant". 'Cette viande est fort "nourrisante".
   "Nourrisant", "Nutritif", "Nourricier" (syn.) "Nourrissant" se dit de ce qui nourrit beaucoup; il marque l'éfet: "nutritif", qui a la faculté de ; il marque la puissance, la vertu: "Nourricier", qui opère la nutrition; il marque l'action. 'Les mets "nourrissans" abondent en parties "nutritives", dont l'estomac extrait une grande quantité de suc "nourricier". Extr. des "Syn. Fr." de Mr. l'Abé "Roubaud".
   NOURRITûRE, aliment; ce qui nourrit. 'Bone, ou mauvaise "nourritûre". 'Prendre "de la nourritûre". 'Mourir "faûte de nourritûre".
- "Figurément": 'L'esprit a besoin "de nourritûre".
   "Rem." Il s'est dit anciènement pour "éducation". 'Ce fut, dit "Brantome", le Maréchal de Retz qui le pervertit (Charles IX) et lui fit oublier et laisser toute la belle "nourriture" que lui avoit donée le brave de Cipierre.
- "Richelet" le met encôre en ce sens. 'Il n'a "point de nourritûre", d' éducation. Corneille, parlant d'"Attale", qui avait été élevé à Rome, dit:
   Si vous faites état de "cette nourriture".
   Donez ordre qu'il règne, elle vous en conjure.
       "Nicomède".

- Il ne s'est conservé que dans le Proverbe; "nourritûre pâsse natûre": la bone éducation peut corriger un mauvais naturel.
- Et en parlant d'un enfant mal élevé, on dit, en plaisanterie, à celui qui en a pris soin: "vous avez fait là une belle nourritûre".
   NOURRISSON. Voy. NOURRICE.




Emplacement dans le dictionnaire :

noulet
noumène
nounou
nounou
nounours
nourrain
nourri
nourrice
nourricier

nourrissable
nourrissage
nourrissant
nourrissement
nourrisseur
nourrisson
nourriture
nous
nouure
nouveau
nouveau




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)

...la pitié qui n'est en toi, il faudra que je creuse le roseau divin, éclatant, où le chèvre-pied souffla tant sa fureur amoureuse. PÈL. PAS., AL. P., ÉG. ELLE E. églogue à elle encore j'eusse pu me nourrir de miel nouveau, pendant des mois, et bien que l'on prétende que sa saveur trouble les sens, je n'eusse été, certes, tant dépourvu de sagesse que pour avoir, de ma lèvre, ah si peu ! Effleuré ta...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...terreur de tous les Polynésiens, -mot étrange, effrayant en lui-même et intraduisible...) en Océanie, le travail est chose inconnue. - les forêts produisent d'elles-mêmes tout ce qu'il faut pour nourrir ces peuplades insouciantes ; le fruit de l'arbre à pain, les bananes sauvages, croissent pour tout le monde et suffisent à chacun. -les années s'écoulent pour les Tahitiens dans une...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...c'est que de pareilles idées étaient incompatibles avec la nature de la cité romaine. Notre cosmopolitisme ne pouvait pas plus y apparaître qu'une plante ne peut germer sur un sol incapable de la nourrir, et, d'ailleurs, il ne pouvait être pour elle qu'un principe de mort. Inversement, s'il a fait, depuis, son apparition, ce n'est pas à la suite de découvertes philosophiques ; ce n'est pas que nos...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...c'est le déclin ininterrompu du formalisme. Dans les sociétés inférieures, la forme même extérieure de la conduite est prédéterminée jusque dans ses détails. La façon dont l'homme doit se nourrir, se vêtir en chaque circonstance, les gestes qu'il doit faire, les formules qu'il doit prononcer sont fixés avec précision. Au contraire, plus on s'éloigne du point de départ, plus les prescriptions...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...attribuée au facteur numérique, si l'on remarque qu'il joue un rôle tout aussi capital dans l'histoire des organismes. En effet, ce qui définit l'être vivant, c'est la double propriété qu'il a de se nourrir et de se reproduire, et la reproduction n'est elle-même qu'une conséquence de la nutrition. Par conséquent, l'intensité de la vie organique est proportionnelle, toutes choses égales, à l'activité de...


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